Le bocage, c’est une organisation du paysage où les parcelles étaient séparées les unes des autres par des haies. Chacun chez soi. Mon premier poste pastoral était en Vendée, dans le bocage. En réalité, les gens savaient très bien ce qui se passe chez le voisin, même s’ils ne se parlaient pas. Mieux, il y avait encore la tradition du devoir du plus proche voisin : les gens étaient responsables les uns pour les autres. Si un matin les volets ne s’ouvraient pas chez son plus proche voisin, on s’en inquiétait, et on assumait son devoir d’assistance, les devoirs du plus proche voisin.
C’était aussi, dans les années ’70 — ’80 une période d’éveil et de sincère intérêt pour les relations œcuméniques. Aujourd’hui il semble que les attentes que nous avions les uns des autres se sont effondrées : on est déçus, sans trop savoir de quoi l’on est déçu. On a l’impression qu’il ne se passe rien. Rien. Mais qu’en est-il vraiment ?
Et bien c’est faux. Qu’on se souvienne des ‘dîners Luther’ en 2017, des expos ‘Art et spiritualité’ avec la paroisse St Joseph, à Pâques 2025 du jeu à l’aube de Pâques au monument du St Sépulcre d’Angers, sans parler des ‘Repas Migrants’, encore avec la paroisse St Joseph, etc., etc.
Il est temps, je crois, de s’éveiller. De s’éveiller pour parler, échanger, partager. De nous éveiller les uns les autres pour avoir la chance d’une conscience partagée.
Conscience : je propose ce mot, dans une acception spéciale il est vrai, qui peut bien signifier la chance offerte du grand partage : partage d’un savoir (“science”), et surtout d’un savoir ensemble (“con” du latin “cum”) : “con-science”.
Alors qu’est-ce qu’on va partager ? Quelles sont les propositions ?
On peut certainement faire beaucoup de propositions.
Mais avec qui pourra-t-on les partager ?
Voilà deux bonnes questions. Comment faire pour que les personnes intéressées se parlent ?
Nos prédécesseurs avaient monté un collectif pour porter des projets œcuméniques ensemble, et cette association existe encore. Elle n’est pas dissoute, elle est juste en sommeil.
On pourrait la réveiller, histoire que les personnes curieuses “sortent du bois”, comme on dit, se reconnaissent et se parlent… pour faire des propositions qui profitent à tous.
Voilà, nous n’avons pas à réinventer quelque chose qui existe déjà. Pourquoi ne pas réinvestir l’association “Groupe œcuménique d’Angers”, qui avait été fondée en 1981, alors portée à l’existence par le pasteur Jean-Luc Souillol et le père Joseph Rahard ?
Bien sûr le but n’est pas de faire [re]vivre une association, mais de reconstituer un réseau qui dort, pour faire vivre une parole et des réalités partagées.
Parlons-en !
Zoltan Zalay / 06 09 05 43 04
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