
C’était un des buts du voyage en Egypte organisé par la région Ouest de l’Epudf, et c’est ce qui m’a poussée à y participer. Je suis en effet intriguée par l’Eglise copte, curieuse de cette communauté qui a souffert discriminations et persécutions, et qui compterait 10 millions de membres en Egypte. C’est une des plus anciennes églises au monde. La légende la fait remonter à l’arrivée de Saint Marc en Egypte, vers l’an 40, et les Coptes vénèrent le souvenir de ce que nous appelons « la fuite en Egypte », racontée dans l’Evangile de Matthieu.
Alors, après avoir vu les pyramides et le sphinx de Gizeh, puis le grand musée d’Egypte pas encore inauguré, direction le Vieux Caire. Dans le quartier copte, nous avons visité quelques églises, dont celle dédiée à Saint-Serge et Saint Bacchus, bâtie au IVème siècle. La crypte correspond à l’endroit dans lequel la « sainte famille » aurait trouvé refuge….
Au Caire également, visite de plusieurs mosquées, dont la plus célèbre, Al Azhar, avec sa magnifique cour centrale en marbre, dans laquelle mes compagnes de voyage et moi-même avons déambulé revêtues de djellabas. Et puis la synagogue ben Ezra dont l’architecture est à la fois chrétienne, l’ornementation musulmane et hébraïque ; il reste très peu de Juifs en Egypte.
Nous avons découvert les monastères coptes, et la terre des Pères du désert : Saint Macaire, Saint Bischoï, Saint Antoine, Saint Paul de Thèbes, etc., c’est dans ces lieux que le monachisme a été « inventé ». Les monastères, où les moines, qui portent un curieux petit bonnet décoré de croix coptes, sont nombreux et actifs, remontent aux premiers siècles de notre ère. Parmi toutes les icônes, les fresques qui décorent leurs églises, la représentation de la Vierge Marie a une place primordiale, à l’égale du Christ.
Je ne voudrais pas terminer sans évoquer le monastère d’Anaphora fondé en 2000. Nous y avons été hébergés plusieurs jours durant et nous y avons découvert la spiritualité copte orthodoxe, en assistant à des offices ou en écoutant l’évêque fondateur du lieu, Amba Thomas. Ce fut une rencontre marquante, comme toutes les autres durant ce voyage, avec le prêtre dominicain Adrien Candiard, spécialiste de l’Islam, avec Sœur Sara, religieuse copte orthodoxe qui poursuit l’œuvre de sœur Emmanuelle, avec la pasteure protestante francophone qui exerce son ministère au Caire et à Alexandrie (tâche immense !), et j’en oublie… tant les découvertes ont été nombreuses, et émouvantes pour beaucoup.
Merci à tous, organisateurs, accompagnateurs, guides, compagnons de voyage qui ont incarné le mot d’ordre de notre périple : la fraternité.
Françoise Lieutaud