» Nous portons ce trésor dans des vases de terre « 

Edito de Contact, n°82

 

2e épître de Paul aux Corinthiens, chapitre 4, 6-9 « Car le Dieu qui a dit : « Du sein des ténèbres brillera la lumière » a brillé dans notre cœur, pour que resplendisse la connaissance de la gloire de Dieu sur le visage du Christ.

 

Mais nous portons ce trésor dans des vases de terre, pour que cette puissance supérieure soit celle de Dieu et non la nôtre. Nous sommes pressés de toute manière, mais non pas écrasés ; désemparés, mais non pas désespérés ; persécutés, mais non pas abandonnés ; abattus, mais non pas perdus… »

Dans le livre de l’Exode, un long passage détaillait la composition de l’arche d’alliance contenant les tables de la loi. Celle-ci, qui renfermait ce que le peuple hébreu possédait de plus précieux, le cœur de sa foi, était censée être recouverte d’or pur, et ne devait être portée que par des lévites.

 

Dans cette lettre que Paul écrit à l’Église de Corinthe, il est aussi question d’un trésor de la foi, donné par Dieu, qui doit être transporté d’un lieu à l’autre. Mais pour le porter, nous n’avons que nos cœurs, que notre être, décrits, comme des vases de terre. Une image riche de sens…

 

Un vase, c’est un objet qui comporte un creux. Nous ne pouvons pas accueillir l’Évangile si nous sommes pleins de nous-mêmes. Il faut pour cela que nous laissions de la place en nous pour un vide, pour des questions, pour une attente. Cela demande aussi de laisser de côté certaines certitudes pour ne pas chercher à tout prix à combler le vide.

 

Un vase de terre, c’est, à l’époque de Jésus, un contenant humble, banal, un objet de la vie de tous les jours, qui sert. Se concevoir comme un vase de terre qui contient un trésor, c’est avoir conscience que nous ne sommes pas là pour faire la promotion de notre personne, mais que nous sommes au service. C’est un appel à l’humilité, mais aussi un rappel de notre dignité : l’Évangile n’est pas réservé à des personnes d’exception, des vases précieux, mais toute
personne peut le porter en son cœur, le vivre vraiment. La terre dont nous sommes faits est jugée digne d’accueillir ce trésor.

 

Enfin, un vase de terre, c’est un objet commode, d’une certaine robustesse, mais aussi fragile. Le trésor de la foi n’est pas réservé à des athlètes, des coffres de fer à toute épreuve, mais offert à des personnes ordinaires qui ont aussi leurs fragilités. De même que, dans l’Antiquité, on faisait confiance aux vases de terre pour le transport de marchandises, Dieu nous fait confiance pour contenir ce trésor. Nous pouvons être déjà un peu ébréchés par la vie,
mais c’est à notre argile – celle d’Adam – que revient le dépôt de la foi.

 

Et lorsque nous nous sentons cabossés, malmenés par des circonstances un peu rudes, c’est ce trésor que nous portons en nous qui, de l’intérieur, peut nous aider à garder une structure, à tenir bon lorsque tout tangue autour de nous.

 

Alors bien sûr, de nos jours, à Angers-Cholet, nous ne pouvons pas nous définir comme des chrétiens persécutés. Mais dans un monde qui bouge très rapidement, où l’actualité n’est pas rassurante, ou tout simplement au cœur d’une rentrée chargée, nous pouvons avoir l’impression que tout se bouscule… Alors, qu’il nous soit donné de préserver des moments où nous pouvons faire le vide en nous, nous débarrasser de tout ce qui nous encombre à l’intérieur, pour accueillir toujours à nouveau, en nous, ce trésor qui nous aide à traverser la vie.

 

Charlotte Mijeon
Pasteure

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