Se souvenir des Justes parmi les Nations

CERDI (Centre de Rencontres et de Dialogue Interreligieux et Interconvictionnel)

19 juillet 2026, chaude matinée d’été. Dans le cadre de la journée nationale à la mémoire des victimes racistes et antisémites de l’État français, sur la place Giffard-Langevin d’Angers, à quelques pas de la gare SNCF, comme un peu partout en France, environ 150 personnes, membres de la communauté juive et de diverses traditions religieuses, des descendants de victimes, d’élus, des représentants de l’État et des armées se sont rassemblés sous l’égide de la municipalité afin de souvenir.
Se souvenir des six millions de Juifs exterminés en Europe durant la Shoah, et plus particulièrement des 874 juifs déportés le 20 juillet 1942 par le convoi ferroviaire N° 8 parti d’Angers pour rejoindre le camp d’Auschwitz. Un aller sans retour pour la quasi-totalité d’entre eux, seuls 30 en reviendront.

 

Durant ce temps mémoriel, j’ai été fortement impressionné par la prise de parole d’Eda GÖCEN, jeune bachelière de 18 ans, qui suite à un voyage scolaire à Auschwitz s’est fortement impliquée pour faire vivre le souvenir des victimes de cette barbarie. Les propos de ce visage d’Espérance, dans une actualité remplie de conflits et d’exclusions, résonnaient sur les 874 noms gravés sur la Voie blanche située en face de son pupitre. « Je me suis toujours demandé pourquoi l’histoire avait décidé de s’écrire ainsi, pourquoi l’homme en était venu à une telle haine, et pourquoi eux, eux dont une simple étoile collée sur
la poitrine symbolisait le si grand crime d’avoir juste existé…Malgré la douleur de ressasser le passé, il est de mon devoir, de notre devoir, de ne jamais oublier ces familles déchirées, ces pyjamas rayés, ces regards remplis de désespoir. Souvenons-nous. »

 

Puisque le meilleur de l’âme humaine peut faire face à l’innommable, souvenons-nous aussi des 29 Justes de Maine et Loire qui durant cette terrible période ont pris la responsabilité, au péril de leur vie, de protéger et de cacher des juifs dont de nombreux jeunes enfants.

 

Pour ne pas oublier ce rayon de lumière, le Maire d’Angers et son adjointe à la Mémoire, ont dévoilé Place Giffard-Langevin, ce 19 juillet, une sculpture de Roland Cognet.
L’œuvre est surmontée d’un caillou symbolisant dans la tradition juive le lien éternel entre le vivant et les disparus, d’un arbre s’enracinant dans la terre et cherchant la lumière, d’une mésange représentant la liberté de conscience. La stèle reprend les noms des 29 Justes à ne pas oublier.

 

Comme il est de notre devoir de nous souvenir et de transmettre cette mémoire, j’étais conforté par la présence d’Isia, 11 ans, à mes côtés, durant cette célébration.

 

 

Les rencontres du CERDI (Centre de Rencontres et de Dialogue Interreligieux et Interconvictionnel) se déroulent chaque 2e mercredi du mois de 20h à 22h à la Maison de quartier des Capucins au 14 bd Jean Sauvage à Angers.

 

Pour le CERDI
Pierre Loussouarn

 

Contact n° 82

Contact